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Toulon, French Connection : les révélations d’un policier français

Toulon, French Connection : les révélations d’un policier français

French Connection (réseau français) : Le terme est né de l’imagination des policiers américains pour donner un nom à l’entrée aux U.S.A. de l’héroïne fabriquée en France. Un policier qui a participé au démantèlement de la French Connection, favorisant par son travail l’arrestation de près de 300 malfaiteurs américains dont le parrain de New York, raconte pour Télex à Toulon.
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Qu’est-ce que la French Connection ?
De 1962 à 1970, à Marseille, les agents américains étaient au courant du travail de la section Stups du SRPJ de Marseille. Rien ne leur échappait. Ils participaient aux enquêtes, exploitant les renseignements qu’elle fournissait. Je me souviens de l’infiltration d’un agent américain dans un réseau français et les arrestations des fournisseurs et de la prise de la marchandise qui ont suivi. Nous avons pu neutraliser quatre officines clandestines.

Quel a été votre rôle ?
Avec mes six collègues, dont le responsable du groupe, un commissaire, nous avons réalisé des affaires exceptionnelles. Nos résultats ne représentaient, hélas, que le dixième des exportations françaises, faute de matériel et de renfort. J’ai participé à sept affaires, parfois en étant infiltré chez les trafiquants, dont une en Amérique.

Comment vous êtes-vous retrouvé aux Etats-Unis ?
Courant 1970, les Américains ont invité leurs homologues français à détacher un de leurs agents. J’ai été désigné pour préparer le candidat retenu, un commissaire tout frais émoulu de l’école, qui a pris ses fonctions le 1er octobre 1970. Mais, le 6 novembre, j’étais sélectionné, parmi quelques dizaines de milliers de postulants, pour occuper un poste à New York.
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Comment s’est passée votre collaboration ?
Pendant 27 mois, j’ai apporté à mes collègues américains le savoir-faire français. Cette coopération a permis de consolider les liens entre les services répressifs américains et français, d’interpeller 268 malfaiteurs et trafiquants, d’arrêter le parrain new-yorkais !

Comment s’est terminée la French Connection ?
Malgré la réaction trop tardive de nos dirigeants, ces derniers ont finalement réagi envoyant des renforts. De 7, nous sommes passés à 70. Je précise bien des renforts d’effectifs, pas des surhommes. Des collègues venus de tous les services et qui ont exploité le savoir emmagasiné pendant 10 ans par ces 7 incorruptibles, seuls et isolés. Il n’y a pas de super flic. Il n’y a que des groupes, qui se concertent et qui travaillent en commun pour la même cause. Il faut que le public sache que les policiers sacrifient leur vie familiale : on ne peut être un bon flic et un bon père de famille.

Des hommes politiques étaient-ils impliqués ?

Je ne veux pas entretenir la polémique. Je me base sur des faits, sur des procédures. Tout ce qui a été dit à l’époque est faux. Aucun parti politique, quel qu’il soit, n’est apparu dans une procédure. De toute manière, au groupe, on n’en aurait pas tenu compte. Ces mêmes auteurs mélangent les textes, les peines, les lois, les faits qui ne sont nullement placés dans leur véritable contexte.

Vous racontez cette épopée dans un livre ?
Je raconte cette histoire passionnante dans mon livre. Toutes ces affaires ont inspiré certains auteurs, journalistes ou policiers, qui ont raconté des faits auxquels ils n’ont pas participé ! J’ai décidé de reconstituer mes 27 mois passés à New York, comme chef de l’antenne française. Le lecteur risque d’être étonné par certains procédés. Cependant, de l’avis du grand reporter de RTL qui m’a conseillé d’écrire ce livre, avec lequel je collaborais aux Etats-Unis, je me sens à l’aise. Je n’ai pas écrit un roman, j’ai témoigné de faits, auxquels j’ai été mêlé.
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Propos recueillis par Morgan Maginot et Gilles Carvoyeur

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Catégories : Interview, Une