Chrétienne acquittée au Pakistan: les manifestants islamistes exigent sa mort (images)

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Je m'y attendais mais ce qui est douloureux, c'est la réponse du gouvernement.

Le Pakistan demeurait vendredi en grande partie paralysé par des islamistes protestant contre l'acquittement de la chrétienne Asia Bibi, bien que la puissante armée les ait appelés à ne pas abuser de sa patience.

La requête a été déposée jeudi auprès des autorités compétentes à Lahore, a déclaré à l'AFP son avocat Chaudhry Ghulam Mustafa.

Un prédicateur avait pourtant appelé au meurtre des juges de la Cour suprême qui ont innocenté Asia Bibi. "Ne nous forcez pas à entrer en action", a-t-il ajouté. "Dans le scénario actuel, il ne m'est pas possible de vivre au Pakistan ", a déclaré l'avocat à l'AFP avant d'embarquer à bord d'un avion tôt samedi". Face à cet accord, l'avocat d'Asia Bibi estime ainsi que sa cliente "est toujours en prison", celle-ci ne pouvant pas quitter le pays avant l'examen de la requête.

" J'ai besoin de rester en vie car je dois poursuivre la bataille judiciaire pour Asia Bibi ", a expliqué Me Mulook, qui ne s'est vu accorder aucune protection rapprochée après le verdict en faveur de sa cliente.

La plupart des rassemblements sont menés par le parti radical Tehreek-e-Labaik Pakistan (TLP), connu pour sa ligne particulièrement dure en matière de blasphème.

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"La réaction violente des extrémistes au jugement était selon lui " malheureuse mais pas inattendue ". "Ils ne peuvent même pas [faire] appliquer un jugement de la plus haute cour du pays".

Tous les grands axes et autoroutes du pays étaient fermés au trafic vendredi, tandis que la circulation apparaissait réduite sur les routes secondaires, beaucoup de gens ayant préféré rester chez eux.

Après trois jours de chaos dans le pays, les manifestants et le gouvernement ont indiqué être parvenus à un accord tard vendredi.

Mais le contenu de l'accord valait de vives critiques aux autorités, accusées de " reddition " face aux radicaux. Il semble que le discours de fermeté à l'égard des islamistes prononcé mercredi soir par le Premier ministre Imran Khan " soit déjà condamné à la poubelle de l'Histoire ", conclut le journal.

De nombreux observateurs comparaient l'épisode à un précédent bras-de-fer sur le blasphème en novembre 2017 entre le même parti islamiste, le TLP, et le gouvernement précédent, qui s'était soldé par la démission forcée d'un ministre.

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