A la recherche d'un nouveau souffle pour l'accord de Paris

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Dans un palace new-yorkais qui a appartenu à Donald Trump dans les années 1990, Emmanuel Macron et quelques dirigeants mondiaux se retrouvent mercredi afin de ranimer l'accord de Paris sur le climat, encore une fois sans le président des Etats-Unis.

Il avait également organisé en décembre 2017 la première édition du "One Planet Summit" sur l'île Seguin près de Paris. " J'espère que nous comblerons le fossé avec ces annonces et dans les mois qui viennent ", a dit le chef d'État français. Au total, pas moins de 300 personnes sont de la partie ce mercredi.

Une récente vague de sondages a montré une forte baisse de la popularité d'Emmanuel Macron, tombée à son plus bas depuis le début du quinquennat avec environ deux tiers des personnes interrogées mécontentes. Lors de sa prise de parole, il n'a pas hésité à contredire Donald Trump sur la crise iranienne notamment. "Make our planet great again." .

C'est un peu un prix Nobel de la défense de l'environnement qu'Emmanuel Macron reçoit ce 26 septembre en pleine Assemblée générale des Nations unies. Le chef de l'État a appelé au respect des règles commerciales qui ' garantissent une concurrence équitable sur un pied d'égalité '. Dans son discours, le président français a demandé à ne pas signer d'accord commerciaux avec les États qui refusent d'appliquer le Traité sur le climat signé à Paris en 2015 et entré en vigueur le 4 novembre 2016. Pour le moment, seul le président de la République a la réponse.

Devant l'ONU, Macron se pose plus que jamais en anti-Trump
Surtout, il s'est autorisé une digression par rapport au thème de la réunion pour s'en prendre vivement à la Chine. Emmanuel Macron a quant à lui préféré jouer la carte du "dialogue et du multilatéralisme", notamment avec l'Iran.

"Macron a peut-être trouvé le meilleur slogan de l'année mais il est loin d'être un moteur en Europe sur ce sujet", estime le député européen Yannick Jadot dans les colonnes du Parisien mercredi.

Démission de Nicolas Hulot, réquisitoire de l'ex-ministre de la transition écologique, refus d'inscrire l'interdiction du glyphosate dans la loi, recul sur la fermeture de centrales nucléaires, augmentation d'émissions de CO2, ce titre de Champion de la Terre, c'est comme si on récompensait les restaurants KFC de trois étoiles au Michelin, une certaine vision de la gastronomie. Il ne faudra pas lui demander de courir à ce champion de la Terre.

L'alarmisme est de rigueur pour la prochaine conférence climat de l'ONU, en décembre en Pologne, où la construction d'une centrale à charbon a d'ailleurs été approuvée mardi. Un sujet qui ne semble pas être la priorité du président américain, bien plus concerné par la situation avec l'Iran, ses affaires médiatiques, mais aussi les élections de mi-mandat.

Emmanuel Macron est engagé dans une vaste offensive diplomatique et climatique depuis l'annonce - le 1er juin 2017 - de la volonté de Donald Trump de se retirer de l'accord de Paris sur le climat, qui prévoit de contenir d'ici à 2100 le réchauffement climatique "bien en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels" et de viser à "poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1,5°C".

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