France: un rapport pour réformer l'islam et contrer la "fabrique de l'islamisme"

Adjust Comment Print

Pour aider le gouvernement à réformer l'islam de France, l'Institut Montaigne a établi un rapport -publié dimanche 9 et qui sera bientôt remis au président Emmanuel Macron- intitulé la fabrique de l'islamisme, au sujet de la montée inquiétante du fondamentalisme chez les musulmans de l'Hexagone.

Instaurer une "taxe halal", renforcer l'apprentissage de l'arabe à l'école.

Pour Hakim El Karoui, le problème c'est que les musulmans ne sont pas conscients de ce qui se passe. Constituée de personnalités indépendantes, cette institution serait chargée d'organiser et de financer le culte musulman (formation et rémunération des imams, construction des lieux de culte, travail théologique et lutte contre l'islamophobie et l'antisémitisme).

"Il y a aujourd'hui beaucoup d'argent qui circule en France en lien avec l'islam: les dons, le pèlerinage, le marché du halal constituent une économie de l'islam importante mais mal organisée et absolument pas régulée", peut-on lire dans le rapport. Il préconise l'instauration d'un certain "Tracfin" pour contrôler les flux financiers, les collectes de fonds et les dons dont bénéficient les représentations du culte musulman, notamment en matière de financement de la gestion des mosquées, et l'instauration d'une taxe halal, dont le chiffre d'affaires du marché en France est estimé à 6 milliards d'euros.

Autre proposition: "relancer l'apprentissage de la langue arabe" à l'école publique.

George Weah comes back from retirement to play for Liberia in friendly
Weah, who became the first African victor of the Ballon d'Or in 1995, was elected president of Liberia last December. According to reports, the president showed glimpses of his quality as he led his country's attack.

Dans un communiqué, Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris, "regrette que ce rapport opportuniste et partial ait pu tomber dans l'amalgame aisé entre Islam et Islamisme, oubliant volontairement la communauté musulmane de France". Hakim El Karoui préfère s'accommoder de l'islam radical tout en tentant de le combattre, au lieu de l'éradiquer. "Alors qu'il s'est multiplié par dix dans les mosquées", a déclaré El Karoui. A l'intérieur de la communauté, notamment chez "les jeunes moins de 35 ans", "les salafistes - branche rigoriste de l'islam" gagnerait du terrain.

La quasi-totalité des réponses sur Internet aux questions religieuses est fournie par des prédicateurs proches des salafistes, s'inquiète Karim El Karoui, qui pointe aussi le développement de sites communautaires, d'hébergement ou de covoiturage "halal". "Il y a à peu près 800 000 à un million de personnes qui suivent un discours religieux produit par les salafistes", a-t-il précisé sur Europe 1, disant s'appuyer sur une étude faite il y a deux ans par un institut de sondage.

Ce rapport est publié alors que sont organisées jusque mi-septembre des "assises territoriales de l'islam de France" dans chaque département, sous l'égide des préfets, pour faire émerger des propositions inédites.

Il intervient deux mois après qu'Emmanuel Macron a annoncé, en juillet dernier, "un cadre et des règles" mis en place "dès l'automne" et "garantissant qu'il s'exercera partout de manière conforme aux lois de la République", lors de son allocution aux parlementaires réunis en Congrès à Versailles.

Comments