Erdogan demande le gel des avoirs de ministres américains en Turquie

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"La détention injuste du pasteur Brunson et sa poursuite par les autorités turques sont tout simplement inacceptables", a réagi le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin.

Le pasteur américain, qui dirigeait une église protestante à Izmir, est accusé de terrorisme et d'espionnage et d'avoir agi pour le compte du réseau de Fethullah Gülen, mais aussi pour le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Les deux hommes ont été des dirigeants d'organisations gouvernementales turques responsables de violation des droits de l'homme, estime le Trésor pour justifier ces sanctions. M.Erdogan qui a qualifié les sanctions américaines de "très irrespectueuses de la Turquie", a rappelé que "la Turquie est un Etat de droit", affirmant toujours "ne pas pouvoir intervenir" dans le procès du pasteur américain.

Donald Trump, son vice-président Mike Pence et Mike Pompeo ont fait de la libération du pasteur une priorité.

Le pasteur américain a été placé en résidence surveillée mercredi dernier après avoir passé plus d'un an et demi en détention préventive.

Il est toutefois "significatif et sans précédent que deux alliés de l'Otan sanctionnent des membres de leurs gouvernement respectifs", souligne l'ex-diplomate américaine Amanda Sloat, désormais chercheuse pour le think tank Brookings Institution. "Nous disons +non+ aux menaces des Etats-Unis!", ont-ils lancé (...).

Washington a imposé dès mercredi soir des sanctions contre les ministres turcs de l'Intérieur et de la Justice, pour leur rôle présumé dans cette affaire.

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Les mesures américaines ont aussi indigné de nombreux Turcs. En s'échangeant à 5 livres pour un dollar, la devise turque a atteint mercredi soir son plus bas historique. S'exprimant au lendemain d'une rencontre avec son homologue turc, Mevlüt Cavusoglu, en marge d'un forum régional à Singapour, Mike Pompeo a fait part de son optimisme.

La Turquie et les Etats-Unis se sont enfoncées cette semaine dans leur plus grave crise diplomatique depuis des décennies.

"Il ne fait aucun doute que cette décision, qui constitue une ingérence irrespectueuse dans notre système judiciaire, est contraire à notre relation avec les Etats-Unis, et nuira fortement aux efforts constructifs actuellement déployés pour résoudre les problèmes qui existent entre les deux pays", a indiqué le ministère. "J'ai vraiment espoir que nous allons faire des progrès dans les jours et semaines à venir", a-t-il ensuite ajouté.

Des éditorialistes proches du pouvoir turc appelaient à frapper fort en fermant par exemple la base aérienne d'Incirlik (dans le sud de la Turquie), utilisée par Washington pour ses opérations en Syrie.

Leurs rapports sont également compliqués par des désaccords sur le dossier syrien, l'arrestation d'employés locaux de consulats américains en Turquie, et le sort du prédicateur turc Fethullah Gülen, exilé en Amérique, dont Ankara réclame avec insistance l'extradition pour son implication présumée dans le putsch avorté de juillet 2016.

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