Italie : toujours l'impasse sur le nouveau gouvernement

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Giuseppe Conte, 53 ans, un juriste novice en politique, avait été désigné mercredi mais il devait encore confirmer cette nomination et présenter une liste de ministres que le chef de l'Etat accepte pour que celle-ci soit effective. Elle aussi immédiatement provoqué la fureur de Luigi Di Maio, le chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème), et de Matteo Salvini, le patron de la Ligue (extrême droite), majoritaires au Parlement, qui avaient négocié un programme et un gouvernement d'union.

L'avocat Giuseppe Conte n'a pas réussi à former un nouveau cabinet des ministres italien, renonçant au poste de chef du gouvernement qui lui avait été proposé par le Président Mattarella. Le président italien refuse de le nommer.

Giuseppe Conte, choisi par le M5S et la Ligue pour occuper la fonction de président du Conseil, a finalement renoncé dimanche soir à ce poste, ouvrant la voie à de nouvelles élections et à une crise politique sans précédent en Italie, la troisième économie de la zone euro. Moody's Investors Service a annoncé vendredi avoir placé la note à long terme Baa2 de l'Italie sous surveillance avec implication négative. "Quel est l'intérêt d'aller voter si ce sont les agences de notation qui décident?", a poursuivi Di Maio, qui a appelé à "destituer" le président pour avoir "trahi la Constitution".

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Il devait être déféré au tribunal de Paris dimanche dans la soirée en vue de poursuites judiciaires. Une enquête a été ouverte du chef de soustraction à une obligation parentale .

Durant les derniers jours, la bourse de Milan a en effet multiplié les pertes et samedi, le spread, soit l'écart du taux de rendement entre les bons du trésor italien et les obligations allemandes, était de 207 points de base. "Il palazzo contre la piazza" (les palais du pouvoir contre la rue): tel sera, selon certains commentateurs italiens, le leitmotiv de cette campagne qui pourrait durer des mois. "Dans une démocratie, si nous sommes toujours en démocratie, il n'y a qu'une seule chose à faire, laisser les Italiens avoir leur mot à dire", a déclaré Matteo Salvini devant des partisans rassemblés dans le centre de l'Italie. Mattarella prendra "rapidement" une décision sur la marche à suivre. Mais, concernant la monnaie unique, il renvoie à ses écrits, en particulier ceux contenus dans son dernier livre, non encore paru, dans lequel il exprime des positions très critiques sur l'euro, comparé à une "prison allemande".

Le chef de l'Etat a de son côté convoqué lundi Carlo Cottarelli, un économiste ancien fonctionnaire du Fonds monétaire international (FMI) pour, selon toute vraisemblance, le charger de former un "gouvernement du président" qui devra avant tout préparer de nouvelles élections.

A peine désigné, déjà parti.

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